Définition

 

Qu’est-ce que le risque incendie de forêt ?

Photographie d'un feu de forêt

On parle d’incendie de forêt en zone méditerranéenne lorsque le feu concerne des formations végétales qui peuvent être des forêts, des maquis, des garrigues, ou des landes.

Un incendie est un phénomène qui échappe au contrôle de l’homme, tant en durée qu’en étendue.

Pour qu’il y ait inflammation et combustion, trois facteurs doivent être réunis :
- un combustible, qui peut être n’importe quel matériau pouvant brûler
- une source externe de chaleur (flamme ou étincelle)
- de l’oxygène, nécessaire pour alimenter le feu.

Quels sont les combustibles d’un feu de forêt ?

La forêt, dans son intégralité, doit être considérée comme un combustible potentiel. Les flammes peuvent en effet parcourir indifféremment la végétation vivante (branches, feuilles) ou morte (aiguilles, arbres morts sur pied), tout comme les infrastructures humaines implantées en zone forestière.

Dans les Pyrénées-Orientales l’ensemble des espaces naturels combustibles représente 254 720 Ha soit plus de 60% de la surface totale du département.
 
Cette surface se répartit en deux grandes formations :

- les formations forestières et assimilées (garrigues ou maquis arborés) pour 141 400 Ha soit 34% de la surface du département

- les landes et maquis ou garrigues non arborées pour 113 320 Ha soit 27% de la surface du département. 
 

Comment se manifeste –t-il ?

Processus d’éclosion et d’évolution

Toutes les formations végétales sont combustibles, cependant selon leurs compositions (types d’essences) ou leurs structurations spatiales (stratification, continuité horizontale et verticale), elles peuvent avoir des réactions différentes au feu.

Les conditions climatiques auxquelles elles sont soumises jouent un rôle majeur dans leur capacité à s’enflammer et à propager un incendie. La période de l’année la plus propice aux feux de forêt est l’été. Les effets conjugués de la sécheresse, d’une faible teneur en eau des sols et parfois la présence d’une population touristique, peu sensibilisée au danger, peuvent en effet favoriser l’éclosion d’incendies. 

Dans les zones les plus propices, des conditions météorologiques particulières (année de sécheresse, accumulation d’arbres au sol après une tempête) peuvent également engendrer, en toute période de l’année, des situations favorables aux départs de feux.

L’éclosion d’un feu est généralement très soudaine sauf dans des cas bien particuliers où elle peut couver plusieurs jours (exemple des forêts de montagne avec une couche d’humus importante). Elle est directement liée à l’inflammabilité des végétaux qui traduit leur propriété à s’enflammer lorsqu’ils sont exposés à une source de chaleur. Celle-ci varie fortement en fonction de la période de l’année, des conditions climatiques et de la teneur en eau des végétaux.

                     
 Le mode de propagation d’un feu de forêt

Un feu de forêt se propage à partir de la litière et de la strate herbacée qui sont généralement très inflammables et prend de la puissance en montant progressivement dans les strates supérieures de la végétation (strates arbustives et arborées).

Lorsqu’un feu éclate, il n’est pas nécessairement dangereux, car son impact va dépendre de son intensité et de sa surface d’extension. La propagation de l’incendie va être le plus souvent déterminée par des facteurs naturels, mais des facteurs anthropiques peuvent intervenir.
 
Parmi les premiers, on distingue :

- la structure et la composition de la végétation : toute discontinuité dans la végétation (horizontale ou verticale) jouera un rôle de frein dans le développement de la puissance d’un feu.

- le vent dont l’action est multiple : il active la combustion, il rabat les flammes sur la végétation, il modifie la direction du feu et il transporte des particules incandescentes.

- le relief : la pente conditionne l’inclinaison des flammes par rapport au sol et ainsi leur vitesse de propagation

     
 Les différents types de feux

Une fois éclos, un feu peut prendre différentes formes, chacune étant conditionnée par les caractéristiques de la végétation et les conditions climatiques (principalement la force et la direction du vent).
 
Ainsi on distingue :

- les feux de sol, qui brûlent la matière organique contenue dans la litière, l’humus ou les tourbières.

- les feux de surface, qui brûlent les strates basses de la végétation, c’est-à-dire la partie supérieure de la litière, la strate herbacée et les ligneux bas.

- les feux de cimes, qui brûlent la partie supérieure des arbres.

Ces trois types de feu peuvent se produire simultanément sur une même zone.

       
 Les causes d’incendie de forêt

Les causes d’un sinistre sont parfois difficiles à établir avec certitude. Pour les déterminer, des enquêtes de terrain sont menées après chaque incendie. La base de données Prométhée permet une approche globale du phénomène en région méditerranéenne : 65 % des causes de feux y ont été identifiées.

Pour les Pyrénées-Orientales cette dernière proportion a été de presque 90% sur la période1996/2003.

Parmi ces causes, on distingue les facteurs naturels de déclenchement, liés aux conditions du milieu, et les facteurs anthropiques, liés aux activités humaines.

Sur la période précédente l’origine des feux sur le département se répartit de la façon suivante :
- naturelle : 3,4%
- accidentelle : 5,2%
- malveillance : 36,1%
- travaux agricoles ou forestiers : 22,2%
- imprudence : 33,1%