Définition

 
Argelès - Tempête 1997

 
A l’instar des communes riveraines de cours d’eau soumises aux crues, les communes proches de la mer sont exposées à des risques littoraux.
 

Les risques majeurs dus à la mer sur le littoral peuvent revêtir les aspects suivants

  •  Les risques de submersion dus à la montée du niveau marin lors des tempêtes sous l’effet du vent et de la dépression atmosphérique.
  •  L’action de la houle pouvant présenter un danger pour les biens et les personnes. Cette action se produit directement sur les structures ou indirectement par érosion du littoral sableux protégeant naturellement celles-ci.

La submersion marine

Deux facteurs favorisent la submersion :

  •  l’érosion progressive des cordons dunaires par le vent ou par l’agression de la houle qui provoque l’apparition de brèches menaçant les terrains situés à l’arrière en permettant à l’eau de s’y engouffrer.
     
  •  une altimétrie des terrains en front de mer trop faible pour empêcher la pénétration de l’eau. Le niveau des étangs peut lui aussi monter sous l’effet du vent, de la pression atmosphérique et des entrées d’eau de mer. De ce fait, les terrains riverains peuvent subir des submersions.    

L’érosion

Le long d’un littoral, le sable se déplace sous l’action des vagues. Un secteur est en érosion lorsqu’il perd plus de sable qu’il n’en reçoit.

S’il existe des causes naturelles à l’érosion (le vent, la houle, les tempêtes, le manque d’ apport de sable par les cours d’eau lors des crues …), elle peut être aggravée localement à proximité d’ouvrages de défense contre la mer (jetée portuaire ou brise-lames), ainsi que par les activités anthropiques (urbanisation du littoral, piétinement des cordons dunaires, stationnement sur les plages …).

L’érosion peut avoir des conséquences :

  •  directes, avec la disparition de surfaces terrestres et éventuellement des usages qui s’y trouvent. Cette disparition peut être progressive par l’érosion des plages ou brutale lors des tempêtes.
     
  •  indirectes, avec l’augmentation du risque de submersion par l’érosion des cordons dunaires et l’apparition de brèches.

L’érosion et la submersion sont étroitement liées. Lors des tempêtes, la surélévation du plan d’eau et l’énergie plus grande des houles accélèrent l’érosion. D’autre part, le recul du littoral et la disparition des cordons dunaires rendent les aménagements plus vulnérables face à la submersion marine.

Mode de quantification et de qualification des aléas

Deux facteurs favorisent la submersion :

La surcote marine observée au cours d’une tempête est le résultat de la combinaison de plusieurs facteurs :

  •  la pression atmosphérique : une dépression de 1 HPa fait monter le niveau de la mer de 1 cm
  •  l’effet du vent de mer qui accumule l’eau vers la côte
  •  le "setup" : c’est la surélévation du niveau moyen due au déferlement des vagues,
  •  le "surf beat" : le déferlement des trains de vagues provoque des oscillations de longue période du niveau moyen qui s’ajoutent au setup,
  •  et bien sûr, la marée

Enfin, en front de mer (sur la plage ou les premières protection), le déferlement des vagues produit des passages d’eau à des altitudes bien supérieures au niveau moyen.

Si la marée et l’effet de la pression peuvent facilement être modélisés, il n’en est pas de même de l’effet du vent et surtout du setup et du surfbeat. Leur modélisation n’est à ce jour pas possible de façon fiable.

D’autre part, la propagation de cette surcote à l’intérieur des terres fait, elle aussi, appel à des paramètres impossibles à modéliser en l’état actuel des connaissances : nombre de vagues, ruptures des cordons, érosion de la plage…
La densité trop faible d’observation ne permettrait pas une modélisation fiable de cette propagation.

Bien que les outils scientifiques et techniques ne permettent pas de prédire précisément les aléas, il a semblé important de prendre en compte ces phénomènes en tirant les enseignements des évènements passés.