Les Pyrénées-Orientales : terre d’accueil du Percnoptère

 
 
En Vallespir, lundi 26 juillet 2021, dans le cadre d’un programme de suivi
et du Plan National d’Action (PNA) en faveur du Vautour percnoptère
Neophron percnopterus, une opération de baguage de deux
poussins a été réalisée.
Cette opération encadrée par des autorisations nationales a été effectuée
avec l’aide d’un cordiste, la présence d’agents de différentes Réserves
Naturelles Catalanes, un bagueur agréé du Centre de Recherches sur la Biologie
des Populations d’Oiseaux (CRBPO), un bagueur soigneur animalier,
des naturalistes bénévoles du Groupe Ornithologique du Roussillon (GOR)
et la présence d’agents de l'Office français de la biodiversité (OFB).

Après avoir disparu des Pyrénées-Orientales depuis les années 1930, le Vautour percnoptère ou Percnoptère d’Egypte s’est réinstallé dans les années 2000.
On dénombre actuellement dans le département deux couples reproducteurs, l’un en Conflent et l’autre en Vallespir. Cette année 2021 est marquée par un bon succès de reproduction, puisque l’on a observé trois poussins à l’envol, dont deux sur l’aire de nidification en Vallespir.

Biologie du Percnoptère d’Egypte

Le Percnoptère d’Egypte appelé communément Vautour percnoptère mesure de 58 à 78 cm, avec une envergure de 150 à 180 cm, pour un poids 1,5 à 2 kg. Il est le plus petit des quatre espèces de vautours présentes en France (les autres étant le Gypaète barbu, le Vautour fauve et le Vautour moine).

Il se caractérise par une face jaune, un bec long et mince, un plumage blanc sauf pour la partie terminale des ailes de couleur noire. Le Percnoptère est coprophage (déjections d’ovins et bovins) et nécrophage (charognes) ; la plupart du temps il se nourrit de
cadavres de petits animaux ou des parties molles de grosses carcasses lorsqu’il est le premier sur site. Il devient adulte à l’âge de 5 ou 6 ans.
Sa particularité, par rapport aux autres vautours qui pondent un seul œuf par an voire tous les deux ans, est qu’il peut pondre jusqu’à trois œufs mais seulement deux poussins pourront être élevés par les parents.

L’intérêt du programme de baguage

Les agents des réserves naturelles, de l’OFB et les bénévoles d’associations naturalistes suivent avec la plus grande attention le succès de reproduction des couples présents dans les Pyrénées-Orientales.
Cette journée dédiée au marquage des poussins a permis de les individualiser et d’évaluer leur état de santé.
La relecture des bagues par le réseau d’observateurs permettra peut-être de les retrouver durant leur parcours migratoire. En effet, ils peuvent se déplacer
jusqu’en Afrique subsahélienne et revenir une fois adultes pour trouver un site de reproduction dans un rayon de 100 km autour de leur site de naissance.

Le suivi des bagues permet de mieux comprendre la démographie de l’espèce et les menaces pesant sur sa survie, à travers plusieurs paramètres :

  • le taux de survie des jeunes après leur envol,
  • l’âge des premiers oiseaux en retour d’hivernage,
  • le taux de retour des oiseaux sur leurs lieux de reproduction,
  • la tendance des adultes à se reproduire près de leur site de naissance (philopatrie),
  • la longévité des oiseaux et la fidélité entre partenaires,
  • l’identification des sites fréquentés sur les parcours migratoires (ressources alimentaires,
    dortoirs…).

Ce suivi démographique permet ainsi de définir et hiérarchiser les actions de conservation à mettre en place.

Statut et réglementation du Vautour percnoptère

Le Vautour percnoptère, est une espèce protégée par
l’arrêté ministériel du 29 octobre 2009 au même titre
que l’ensemble des rapaces. Il est malheureusement classé comme
espèce menacée de disparition dans la liste rouge mondiale de l'Union
Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et
classé en annexe 1 de la directive Oiseaux.
Entre 2002 et 2007, en vue d’améliorer sa situation
démographique et sa sauvegarde, il a fait l’objet d’un premier
Plan National d’Action (PNA) suivi d’un second lancé depuis
2015 jusqu’en 2024, dans un objectif d’augmenter la population
reproductrice ou de la stabiliser a minima.

Découverte d’un oiseau mort bagué, les bons gestes…

Le Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux (CRBPO) encadre et coordonne le baguage de certains oiseaux dans le cadre de suivis scientifiques au niveau national. Deux types de bagues sont posés sur les individus suivis. Certaines sont visibles à distance à l’aide de longues-vues.

Lorsque vous découvrez un oiseau mort bagué, vous avez la possibilité d’informer le CRBPO via ces bagues :

- La bague Alpha numérique, fond blanc avec 2 lettres et 1 chiffre en noir, représente un code unique afin d’individualiser l’oiseau suivi.
- La bague métal, lisible lors d’un contrôle par un bagueur ou de la découverte d’un oiseau mort. Ces bagues intéressent le CRBPO qui préconise le renvoi de la bague par formulaire (prérempli à télécharger ) soit par mail, bagues@mnhn.fr ou courrier (C.R.B.P.O., Muséum national d’Histoire naturelle Case Postale 135, 43 rue Buffon, 75005 Paris, France).

Plus d'infos : https://crbpo.mnhn.fr/spip.php?article1

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